Quelles sont les bonnes pratiques du changement de culture ?

Indépendamment des difficultés particulières rencontrées par les rédactions pour développer une culture axée sur les membres, il existe une poignée de principes fondamentaux que toute rédaction devrait mettre en place.

Établir une définition et un langage communs de l’adhésion. C’est essentiel pour s’assurer que tout le monde fonctionne à partir d’une compréhension partagée et aille dans la même direction. Le langage que vous utilisez pour parler de la transition vers un programme d’adhésion déterminera la façon dont les gens la perçoivent, et si vous n’êtes pas cohérent, vous laissez place à de multiples interprétations qui peuvent rendre la communication difficile.

Expliquez clairement en quoi l’adhésion diffère des autres modèles de revenus et d’engagement que vous auriez pu choisir, tels que les dons et les abonnements, et pourquoi vous l’avez choisie (Voir “Définir l’adhésion”). Prenez le temps de discuter de la façon dont vous allez parler du rôle que les membres joueront dans votre journalisme. Expérimentez différentes façons d’en parler jusqu’à ce que vous trouviez ce qui convient à votre organisation et à votre programme d’adhésion. Une façon de procéder serait de charger un comité interne de soutien de rédiger votre annonce de lancement de l’adhésion et votre FAQ (Voir “Lancement de l’adhésion”). Richland Source, aux États-Unis, demande à tous les membres de la rédaction de rédiger et d’envoyer chaque année un courriel d’appel à l’adhésion à Noël, ce qui les aide à se familiariser avec le vocabulaire de l’adhésion.

Offrez un espace pour les critiques constructives et les préoccupations. La résistance au changement vient souvent du fait que l’on ne se sent pas entendu. Créez des opportunités pour que vos collègues puissent soulever et discuter de leurs préoccupations dans un environnement sécurisé. Ces espaces pourraient inclure : des sessions ouvertes de questions-réponses mensuelles avec la direction ou l’équipe en charge des adhésions ; des “heures de consultation” régulières où le personnel peut soumettre des problèmes ou des questions à l’équipe en charge des adhésions en tête-à-tête. Le fait d’indiquer clairement qu’il existe des espaces dédiés pour partager des critiques constructives signifie également que les sceptiques ne peuvent pas “phagocyter” les moments de communication importants ou de célébration. L’équipe de recherche parle plus en détail de la création de tels espaces dans la section “Comment convaincre les sceptiques et les réfractaires ?”.

Prévoyez un espace pour la pensée créative et les mauvaises” idées. Le changement est complexe et le parcours vers une politique d’adhésion au sein de votre rédaction est susceptible de comporter de nombreux rebondissements. Faites-leur de la place en prévoyant dans le calendrier des temps structurés pour la réflexion créative, qu’il s’agisse de répondre à des générales telles que “Quelle est la proposition de valeur de notre programme d’adhésion ?” ou de résoudre des problèmes plus ciblés, tels que “Devrions-nous offrir un sac cadeau comme avantage ?”.

Le studio de podcasting sud-africain Volume Africa a déclaré lors d’une présentation au sommet du Membership Puzzle Project que la mise en place de temps structurés pour la créativité était cruciale lorsqu’ils ont réfléchi à leur offre d’adhésion, car cela leur a donné un espace dédié pour trier une multitude d’idées, bonnes comme mauvaises. Paul McNally, cofondateur de Volume, a dit que son équipe avait auparavant hésité à consacrer du temps à la réflexion créative par crainte que les changements d’orientation ne “perturbent toute l’entreprise”.

“Ce dont nous nous sommes rendus compte, c’est que nous pouvions contenir notre créativité [au sein de ces sessions dédiées]… On ne jette pas tout à la poubelle, mais ces sessions nous permettent de continuer à proposer [de nouvelles idées]”, dit-il. “Permettre à la créativité d’entrer dans vos rédactions de manière cadrée, sans créer de peur, est vraiment utile.”

Une diapositive issue de la présentation de Volume Africa au Sommet du MPP

Créer des modèles de processus pour le travail lié à l’adhésion. Une augmentation réelle ou perçue de la charge de travail est un obstacle courant au changement. Pour faciliter la transition, créez une liste d’actions à ne plus faire, une idée que le MPP a déjà empruntée au Milwaukee Journal Sentinel et a été documentée par l’American Press Institute. En retirant certaines choses de la to-do list de votre équipe pour laisser du temps au travail lié au programme d’adhésion, vous signalez à la fois qu’il s’agit d’une grande priorité et prenez acte du fait que leur charge de travail était déjà bien remplie auparavant.

Deuxièmement, envisagez de modéliser autant de procédures que possible afin qu’elles deviennent rapidement aussi routinières que les étapes rédactionnelles auxquelles vos journalistes sont habitués. Cela réduit à la fois la charge de travail et la peur de faire quelque chose de nouveau. Le site allemand Krautreporter, par exemple, utilise plusieurs modèles d’enquête pour permettre à tous ses journalistes d’impliquer facilement les membres du public dans leur travail.

 

Comment Krautreporter se sert des sondages pour mobiliser, co-créer et se développer

À tout moment, Krautreporter a trois à cinq sondages en cours.

Pour aller plus loin :